Portrait de Femme

Laurie D. - Vivre avec l'endométriose

“On lui a dit que c’était dans sa tête : c’était de l’endométriose.”

Pendant des années, les douleurs de Laurie ont été minimisées. Des règles “un peu douloureuses”, du stress, de l’anxiété… On lui répétait que tout était “normal”, ou pire : “dans sa tête”. Pourtant, comme 1 femme sur 10, Laurie souffrait d’endométriose. Une maladie chronique encore trop méconnue, qui touche aujourd’hui près de 2 millions de femmes en France et dont le diagnostic prend souvent plusieurs années. Derrière ce mot encore tabou, il y a des douleurs invisibles, une fatigue constante, des impacts physiques et psychologiques qui bouleversent le quotidien. Aujourd’hui, Laurie a décidé de raconter son histoire.

L’endométriose, c’est quoi exactement ?

L’endométriose est une maladie inflammatoire chronique où un tissu similaire à la muqueuse utérine se développe en dehors de l’utérus. 

Ces cellules peuvent migrer vers différents organes : les ovaires, les intestins, la vessie ou encore le péritoine. À chaque cycle menstruel, elles réagissent aux hormones, provoquant inflammations, douleurs et parfois des lésions importantes.

Mais l’endométriose ne se résume pas à “avoir mal pendant ses règles”.

Elle peut provoquer :

- des douleurs pelviennes intenses,

- une fatigue chronique,

- des troubles digestifs,

- des douleurs pendant les rapports sexuels,

- des douleurs lombaires,

- ou encore des difficultés à concevoir un enfant.

Le plus difficile reste souvent l’errance médicale. Beaucoup de femmes passent des années sans diagnostic, apprenant à banaliser une souffrance pourtant anormale.

« Mon corps souffrait en silence »

"Je vis avec l’endométriose depuis 2021, pendant longtemps mes douleurs n'étaient pas prises au sérieux."

Pendant ses règles, les crises deviennent parfois insupportables : nausées, douleurs aiguës, impossibilité de bouger normalement.

« Comme des couteaux plantés dans le bas du ventre. »

Mais contrairement aux idées reçues, la douleur ne s’arrête pas à la fin des règles. Chez certaines femmes, elle s’installe au quotidien.

Des cellules d’endomètre migrent vers les intestins, provoquant des troubles digestifs importants ainsi qu’un ventre constamment gonflé. 

L’endométriose peut aussi avoir un impact sur la vie intime. Les rapports sexuels deviennent parfois douloureux, ce qui affecte la confiance en soi, la relation au corps et le couple. Certaines femmes découvrent également la maladie lors d’un parcours lié à l’infertilité.

Vivre avec une douleur invisible

L’endométriose ne se voit pas toujours. Et c’est justement ce qui rend cette maladie si difficile à comprendre pour l’entourage.

Beaucoup de femmes continuent à travailler, sortir, sourire… tout en gérant une douleur permanente. Certaines culpabilisent de ne pas “tenir le rythme”, d’autres finissent par douter d’elles-mêmes après des années à entendre que leurs douleurs sont “normales”.

Cette invisibilisation a des conséquences profondes :
fatigue mentale, isolement, anxiété, perte de confiance dans le corps médical ou dans son propre ressenti.

Pour Laurie, mettre enfin un mot sur sa souffrance a été une étape essentielle.

Ce qui aide Laurie au quotidien

Même s’il n’existe pas aujourd’hui de traitement unique contre l’endométriose, certaines habitudes permettent de mieux vivre avec la maladie. 

Laurie partage ce qui l’aide au quotidien :

- le passage de la pilule à un stérilet hormonal,

- une alimentation anti-inflammatoire,

- des exercices de respiration,

- l’utilisation régulière d’une bouillotte,

- et surtout un suivi médical adapté avec des spécialistes à l’écoute.

Mais elle tient aussi à rappeler une réalité importante : « Il n’y a pas une solution miracle, mais des chemins pour mieux vivre avec. »

Chaque parcours est différent. Ce qui fonctionne pour une femme ne fonctionne pas forcément pour une autre. D’où l’importance d’un accompagnement personnalisé et d’une écoute bienveillante.

Écouter son corps et se faire confiance

Pendant longtemps, Laurie a entendu que ses douleurs étaient “normales”, exagérées ou simplement “dans sa tête”. Comme beaucoup de femmes atteintes d’endométriose, elle a fini par douter de son propre ressenti.

Pourtant, notre corps envoie souvent des signaux avant même qu’un diagnostic soit posé.

Une douleur intense, répétée, invalidante n’est jamais anodine. Et apprendre à s’écouter peut parfois être la première étape vers une prise en charge adaptée.

“ Écoutez votre corps : il essaie parfois de vous dire ce que les autres ne voient pas. Pour ma part, ça a été mon premier pas vers le diagnostic.”

– Laurie D.

“Chez Not Parfaite, on donne une voix à ces corps qui ont appris à se taire. Parce que derrière chaque douleur, il y a une femme qui mérite d’être écoutée, crue et comprise.”

– Alexandra Fondatrice de Not Parfaite